|

« La jeunesse est, dans une nation, comme la sève qui parcourt les rameaux d'un grand arbre et qui porte aux extrémités l'épanouissement d'une verdure toujours renaissante, en même temps qu'elle conserve au tronc la vigueur et la fécondité : les oeuvres où elle n'entre point sont frappées de stérilité, et celles d'où elle s'est retirée se dessèchent et s'en vont en poussière ».
Quel paradoxe entre cette magnifique présentation de la jeunesse française par Albert de Mun et les pitoyables tableaux que nous offrent actuellement les merdias nationaux ! Jugée égoïste (63%), paresseuse (54%), intolérante (53%) et peu engagée (64%) par les français selon un récent sondage, la nouvelle génération est donc littéralement clouée au pilori médiatique, devenant l’archétype même de la déchéance humaine, percluse de rebuts de la société et autres fainéants assistés.
Pire, cette jeunesse semble consciente de sa propre déliquescence, et se juge égoïste (70 %) et paresseuse (65%). Complaisance dans la médiocrité pour certains, bêtise crasse pour d’autres, cette lucidité des jeunes générations interpelle : Pourquoi ne se prennent ils pas en main ? Pourquoi ne redressent ils pas la barre quand leur bateau part à la dérive ?
Et l’on arrive à cet inéluctable conclusion : la jeunesse française n’est ni bête ni médiocre. Elle n’est que le reflet sans ambages ni circonvolutions de l’état moral et social de notre Nation. La jeunesse est le prisme éclatant de notre déchéance sociale, l’avant-garde visible de notre déliquescence morale et, à ce titre, nous renvoie avec une extraordinaire lucidité l’état de délabrement de la France.
Egoïste ? Son égoïsme n’est qu’un pâle reflet de l’individualisme purulent de notre société : l’individu est aujourd’hui sublimé et la communauté méprisée, l’égoïsme adulé et la charité dépréciée. Récemment, l’Union Européenne a essayé de réduire de plus de moitié ses aides pour les plus pauvres (PEAD), le peuple français s’en est il offusqué massivement ? Non. Près de 5 millions de français vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté : les français répondent ils tous présents quand arrivent les grands froids et l’heure de l’entraide nationale ? Non.
Paresseuse ? Bercés dans le consumérisme le plus ardent, le culte de la consommation immédiate et frénétique, les jeunes français ne peuvent qu’être partisans du moindre effort. Culture de la télévision et de la paresse intellectuelle, haine cristalline pour l’effort, l’épargne et la privation, notre système nihiliste est hautement responsable de cette oisiveté caractéristique.
« La jeunesse n'est pas une période de la vie, Elle est un état d'esprit, un effet de volonté, Une qualité d'imagination, une intensité d'émotion, une victoire du courage sur la timidité, Un goût de l'aventure sur l'amour du confort. » écrivait le Général Mac Arthur. La France a perdu, en vendant son âme à cette république nihiliste et consumériste, cette jeunesse que chérissaient Albert de Mun et le Général Mac Arthur. Pourtant, les nouvelles générations françaises brillent par leur lucidité, comme si en ces millions de jeunes brûlait un courage et une fougue que la république bloquait. A nous, royalistes, de donner à ces jeunes générations les idéaux qu’elles n’ont plu et les valeurs de charité et d’entraide que la république a détruites !
Augustin Debacker |