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L'Action Sociale Corporative
Agenda
28 et 29 août 2010 : UDT de l'Alliance Royale : 
Nos maîtres
Base doctrinale du corporatisme
Historique et documents divers
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Vendredi, 30 Juillet 2010 |
 Contrairement à ce que certains pourraient croire, le plus fort argument et celui qui doit être le plus appuyé dans le discours monarchiste français s’il veut être crédible et donner de la « valeur ajoutée », y compris sentimentale, à la Monarchie, c’est celui de la transmission héréditaire de la magistrature suprême de l’Etat, de cette règle de succession qui, sans limiter l’être politique du Roi à une personne donnée, en fait un principe vivant et humanisé par des visages différents sans être personnalisé à l’extrême comme dans nos démocraties électorales et médiatiques, nos « démocraties émotionnelles » qui s’entichent d’idoles qu’elles brûleront le lendemain avec tout autant d’ardeur qu’elles y ont cru, ou fait semblant d’y croire…
En somme, dans des sociétés démocratiques où le citoyen se comporte d’abord comme un « consommateur » ou un « mateur » tout court, il paraît utile de « refonder le Politique » sur ce qui est le plus naturel, le plus humain de l’Homme, c’est-à-dire le mode de transmission de la vie, du père au fils par l’intermédiaire de ce qui ne s’achète pas et échappe au choix de celui qui en est le fruit, la naissance. Bien sûr, cet argument de la naissance comme moyen de désigner le magistrat suprême sans en passer par les manipulations de l’Opinion ou les jeux de l’élection, cet argument-là est le plus combattu aussi par ceux qui se proclament républicains : « Comment ! Vous voulez confier le pouvoir au règne du hasard ? Mais n’est-ce pas dangereux ? Et injuste ? ». Effectivement, il y a la part de hasard qui est celle de toute naissance, dont on ne sait jamais ce qu’elle donnera, ange ou démon : mais n’est-ce pas aussi le meilleur moyen de ne rien devoir aux joutes oratoires et aux exercices intellectuels de la démagogie, tout en ayant des devoirs dont il est, dans le cas français, impossible de se défaire dans cette Monarchie qui, au-delà de la succession héréditaire, est depuis la fin du Moyen-âge « statutaire » et ne permet pas à l’héritier de « défaire l’héritage » ? |
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Mercredi, 28 Juillet 2010 |
 Dans notre temps et notre monde, quels sont les éléments qui donnent une « valeur ajoutée » à la Monarchie et en font, non pas seulement une option « sympathique » mais une nécessité politique ?
Tout d’abord, il convient de préciser que, si nous ne méconnaissons pas les monarchies étrangères (elles-mêmes aussi variées que les formes de République sur la planète, et diversement appréciées, à ce titre, par les royalistes français), il s’agit de traiter du cas français, de la particularité et de la personnalité de notre pays et de son histoire à nulle autre pareille : la Monarchie française, si elle a pu lorgner ses voisines, n’en a jamais fait des modèles à suivre tout comme les monarchistes, s’ils ont pu (et peuvent) s’enthousiasmer pour ou s’appuyer sur des exemples étrangers qui confortent leurs thèses, n’en tirent que des leçons et des illustrations sans en faire des « obligations », ce qui serait contraire au sens même de la tradition royale française, indépendante par excellence de toute puissance extérieure.
Bien sûr, la Monarchie semble lointaine dans notre histoire nationale puisque le dernier roi en exercice, Louis-Philippe, a quitté les Tuileries en 1848 et que le trône fut alors réduit en cendres par des émeutiers qui allaient, sans le savoir, amener au pouvoir, quelques mois après, celui qui fut à la fois le premier président élu au suffrage universel masculin et le « second empereur » dont la dictature bonhomme allait mener à la défaite de Sedan et à l’occupation de la France par les troupes prussiennes (entre autres malheurs)…
Ainsi, il faut bien reconnaître que les arguments historiques, aussi probants soient-ils, n’ont-ils guère d’impact positif sur les esprits de nos contemporains, souvent « formatés » intellectuellement sur des critères « républicains » (le terme plus exact serait « républicanistes » même s’il n’a pas encore trouvé sa place dans le dictionnaire…) qui ne laissent guère de prise aux arguments monarchistes « classiques », du type « les rois qui ont fait la France » : car, si cette formule est tout ce qu’il y a de plus vraie sur le plan territorial et si son pendant (« elle se défait sans roi ») l’est tout autant, nos contemporains, s’ils peuvent même souvent l’admettre, n’en tirent rien d’autre qu’une sorte de reconnaissance qui ne fait des règnes capétiens, valois et bourbons, que des passages désormais « passés »… S’inclinant à Saint-Denis sur les tombeaux des rois, ils ne voient plus les souverains que comme des statues appartenant à une époque glorieuse et tellement lointaine qu’elle semble se confondre avec les brumes de l’imaginaire ou du légendaire, du type Aragorn, roi vaillant du « Seigneur des anneaux »… D’autre part, la France leur semble une telle évidence, trouvée dans leur berceau, qu’ils n’en voient plus la longue maturation, construction et existence, et qu’ils n’en ressentent même plus la fragilité ou, parfois, l’utilité, préférant le rêve européen ou les délices du néo nomadisme de la mondialisation.
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Lundi, 26 Juillet 2010 |
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David Desgouilles a recueilli le témoignage d'un ex-directeur de maison de jeunes à Grenoble dans les années 80. Jules D. raconte comment sa volonté de responsabiliser les «jeunes» s'est heurtée à un assistanat généralisé et à un angélisme ravageur. Pour le pire.
 J’ai été directeur d’une importante maison de jeunes (et de la culture, ajoutait-on) à Grenoble en 1979 et 1980. J’ai habité plusieurs années la Villeneuve, très précisément (les adresses ont leur importance à la Villeneuve) au 10, galerie de l’Arlequin. Formé dans les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, j’avais quitté mon poste de professeur du secondaire pour revenir à ma passion première : les adolescents difficiles. Ma formation s’est faite dans la banlieue parisienne entre Villeneuve la garenne et Bezons dans ce monde des cités. J’ai été imprégné de pédagogie par projet selon les principes de Piaget, dans une atmosphère héritée du mouvement ouvrier, très marqué par le syndicalisme et l’église catholique, les deux étant d’ailleurs très interpénétrés : entre jeunes de la JOC et des JC, les discussions et la camaraderie étaient la règle. Il n’y avait pas délinquance dans ce temps-là : dans la banlieue rouge, la référence c’était l’ouvrier P3 outilleur, l’aristocratie ouvrière. Il était hors de question de voler ou de manquer l’école. L’accès aux responsabilités supposait la perfection dans son métier et dans sa vie sociale. L’ascension sociale par le travail et l’instruction étaient la règle et avaient une finalité : l’émancipation du peuple et de la classe ouvrière. Avec des études supérieures et une solide expérience de terrain, j’ai été recruté par une grande fédération de Maisons de jeunes et de la culture et me suis retrouvé à la tête de la maison du quartier de l’Abbaye, entre la Villeneuve et le centre ville, où parmi les nombreuses expériences sociales entreprises par la municipalité Dubedout, l’objectif était de sédentariser les gitans. Je me suis retrouvé rapidement en complète dissonance avec ce milieu : pour l’institution, les « jeunes » étaient par définition des victimes de la société. Ils n’étaient pas responsables de leur situation. Pour la mairie et pour les associations, le seul indicateur de performance était la quantité de moyens déversés sur le quartier. Le mot « jeune » avait une dimension sacrée, christique, et aller aux jeunes était vivre une sorte de chemin de rédemption. Une de mes collègues, directrice d’une maison voisine, en avait même épousé un, dans un double mouvement de dérision vis-à-vis de l’institution du mariage et de fusion compassionnelle avec un « jeune ». |
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Dimanche, 25 Juillet 2010 |
 En début de semaine, les ouvriers de l’usine strasbourgeoise de General Motors Company ont été appelés à se prononcer par référendum sur le gel de leurs salaires pendant deux ans, l’abandon de six jours de RTT (sur seize), la suppression de l’intéressement jusqu’en 2013 : l’enjeu était de diminuer les coûts de main-d’œuvre pour « sauver les 1.150 emplois » de l’usine menacée, par la multinationale états-unienne, d’être purement et simplement (et rapidement) fermée pour être réimplantée là où les coûts de production seraient moins élevés… Ainsi, les ouvriers, d’habitude écartés des décisions de l’entreprise, étaient-ils conviés à légitimer eux-mêmes une rigueur censée les sauver, en sacrifiant une part de leurs revenus !
Dans cette affaire, plusieurs éléments sont choquants : d’abord, le fait que ce sont toujours les ouvriers qui sont « la variable d’ajustement » et que les multinationales, dans la recherche d’un profit qui intéresse d’abord les actionnaires et non les travailleurs eux-mêmes, font peu de cas des conditions sociales de leurs salariés, et se réfugient derrière les « contraintes de la compétitivité » pour excuser ce qui est, le plus souvent, le résultat d’une certaine cupidité actionnariale ou patronale mais aussi parfois le résultat d’erreurs de gestion et de stratégie industrielle !
Ensuite, l’absence de l’Etat français dans cette affaire : bien sûr, nous ne sommes pas, et heureusement, dans une économie étatisée mais l’Etat a un rôle majeur, éminemment politique, qui est de protéger ceux qui sont ses citoyens, et en particulier de veiller à ce que les intérêts des plus faibles ne soient pas oubliés par les puissants, quels qu’ils soient, financiers ou industriels ! Or là, au moment même où l’Etat serait nécessaire, dans son rôle d’arbitre économique et de garant de l’équité sociale, il est silencieux, invisible, craignant sans doute que la Commission européenne (toujours au nom de son dogme fondamental de la « concurrence libre et non faussée »…) ne le tance s’il intervenait et s’il rappelait ses obligations sociales à cette entreprise étrangère qui voudrait bien appliquer des règles déjà pratiquées dans des pays où le Droit social reste embryonnaire…
Ce silence de l’Etat est un vrai scandale, non pas économique, mais social et politique ! Il montre aussi la faiblesse actuelle, l’impuissance même d’une République qui n’est plus libre et n’ose s’affranchir, quand il le faudrait bien, des règles édictées par les féodalités financières et industrielles, par cette « fortune anonyme et vagabonde » qui se moque des frontières, des pouvoirs publics, des citoyens…
« On finira bien par restaurer la Monarchie, un jour, contre la dictature et contre l’anarchie », affirmait Eugène Ionesco dans les années 70 : oui, contre la dictature des féodalités multinationales et contre l’anarchie d’une économie sauvage, voire barbare, il faudra bien, le plus tôt possible, instaurer en France une Monarchie royale, politiquement libre et socialement juste. Non pour faire des miracles mais pour faire respecter la décence sociale et avancer la cause des hommes, tout simplement ! Jean-Philippe CHAUVIN
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Vendredi, 23 Juillet 2010 |
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Mercredi, 21 Juillet 2010 |
 Ce que l'on peut reprocher à la République, au-delà même des multiples affaires et conflits d’intérêts (cf l’affaire Woerth (mari et femme)-Bettencourt), ce n'est pas tellement d'avoir des énarques ou des technocrates à tous les échelons ministériels, mais de leur avoir abandonné le Pouvoir, en les laissant maîtres des grandes administrations de l'Etat, au risque de perdre le vue le sens de l’Etat au profit du sens des affaires… Or, de par leur formation à « l’efficacité », ils en oublient les simples principes sociaux et moraux qui permettent de justifier une société et d’éviter l’absence de mesure des puissants !
L'intérêt de la Monarchie « à la française », c'est de les remettre dans le service de l'Etat, de les « ordonner » à l'Etat tout en les empêchant de former de nouvelles féodalités. A bien y regarder, la Monarchie est, de ce côté-là, libératrice. Je ne suis pas utopiste, et c'est pour cela que je pense que la Monarchie, en restaurant l'autonomie du Politique, restaure aussi l'indépendance d'action nécessaire de la magistrature suprême de l’Etat, aujourd’hui prisonnière des jeux partisans.
Si je voulais résumer, il s'agit d'établir la Monarchie pour limiter l'Enarchie et la techno-bureaucratie : à l'Etat monarchique les pouvoirs régaliens; aux énarques les tâches administratives et d'intendance, dans un cadre délimité et hors des jeux financiers. Cette utilisation raisonnée des compétences par l'Etat royal évite la féodalisation du Pouvoir.
Il n'est pas dit que cette révolution royale soit facile, mais elle est nécessaire pour libérer l'Etat et redonner des pouvoirs concrets aux citoyens, dans leurs cadres locaux et socioprofessionnels. Jean-Philippe CHAUVIN |
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